« Intensif » : le choix radical de fermes wallonnes qui sont redevenues des alliées de la terre

30 mars 2026In Articles

Après un parcours remarqué en festival et une sélection prestigieuse pour le prix de La Scam, le documentaire « Intensif » arrive sur YouTube. Ce film nous emmène à la rencontre de trois agriculteurs wallons qui, loin des clichés, prouvent que l’agriculture biologique peut rimer avec grandes surfaces, rendements et épanouissement personnel. Un film très intéressant pour nourrir un débat sur la situation des agriculteurs, où qu’ils soient, à l’occasion de la Semaine du commerce équitable. 

 

 

Le titre peut surprendre : « Intensif ». Pourtant, il ne s’agit pas de chimie, mais d’une intensité de réflexion, de présence et d’observation. À travers les portraits croisés de Gwenaël, Christian et Bernard, le film nous plonge dans le quotidien de fermes qui ont choisi de bannir les pesticides de synthèse pour redevenir des alliées de la terre.

Un choix de vie et de santé

Pour certains, le bio est un héritage, comme pour Gwenaël, né sur une ferme déjà convertie. Pour d’autres, c’est une rupture nécessaire. Christian, qui gère le domaine de la ferme du Val Notre-Dame (300 hectares), a sauté le pas en 2011 après une prise de conscience brutale sur l’impact des produits chimiques sur la santé. Hanté par la maladie de son père et ses propres migraines après les pulvérisations, il a choisi de transformer radicalement son exploitation.

La technicité au service de la nature

Contrairement aux idées reçues, l’agriculture bio demande une expertise technique supérieure au conventionnel. Bernard, maraîcher passé d’un demi-hectare à plus de 20 hectares de légumes, l’affirme : « On doit être beaucoup plus technique en bio ». Sans la « recette » chimique toute prête, l’agriculteur doit innover. :

  • Désherbage mécanique : utilisation de herses rotatives ou de passages successifs pour relever les racines au soleil plutôt que d’utiliser du glyphosate.
  • Lutte biologique : introduction d’insectes auxiliaires (coccinelles, etc.) dans les serres pour protéger les cultures de façon naturelle.
  • Fertilité naturelle : utilisation de macérations d’orties pour donner un « coup de fouet » aux céréales et couplage avec l’élevage pour créer des cycles vertueux de nutriments.

Braver l’instabilité climatique

La saison présentée dans le documentaire n’est pas de tout repos. Entre les pluies excessives du printemps et les sécheresses soudaines, ces agriculteurs doivent sans cesse s’adapter. Pour Bernard, la clé réside dans la diversité : cultiver 15 produits différents permet de compenser l’échec éventuel de l’un par la réussite des 14 autres.

Le bonheur est dans le pré (bio)

Malgré le stress lié aux réglementations et aux aléas de la météo, aucun des trois ne ferait marche arrière. Gwenaël trouve sa récompense dans le contact direct avec les consommateurs qui apprécient ses fromages. Il prône une approche calme : « Même les machines tombent moins vite en panne quand l’homme est plus calme ».

Pour Christian, le bio est la seule voie viable pour garantir une alimentation de qualité et favoriser les circuits courts. Son message est clair : c’est une solution d’avenir pour la société, tant sur le plan humain que sanitaire.

Un film à voir absolument pour comprendre les enjeux de notre souveraineté alimentaire.
Une co-production entre Nature & Progrès Belgique (dans le cadre de leur projet « Vers une Wallonie sans pesticides ») et l’asbl Télévision du Monde (TDM).

Regarder le documentaire complet ici